Twilight, en français crépuscule, est à la fois le début et la
fin de la journée. Ce moment de flottement durant lequel la lumière
s'intensifie ou baisse progressivement. Ainsi, cette exposition
serait aussi bien un commencement qu'une fin. Plutôt envisagée
comme une possibilité de la ruine, ou de l'accident, l'exposition
Twilight est loin de faire l'éloge du vide, de l'absence. Elle est
le théâtre de pièces à faible indice de monstration, dont le secret
se mérite.
Sous ces aspects de galerie "témoin", la box pourrait être
considérée comme une annexe de l'atelier, un laboratoire où l'on
teste le pouvoir d'adaptation d'oeuvres qui se renouvellent en
fonction des conditions d'exposition. L'épanouissement de certaines
dépendra en effet des conditions climatiques du lieu (taux
d'humidité, température, lumière naturelle, cycle du jour et de la
nuit...) ou directement des oeuvres qui les entourent.
Que signifierait cette mise en scène régulièrement interrompue par
une machinerie infra mince ? Personne ne s'est décidé à remettre en
ordre ou réparer ce chantier, même pas les curators qui proposent
une présentation se jouant de l'exposition avec ses fuites, ses
fils électriques visibles. Pourtant, nombre de ces anomalies sont
esthétisées, tout cela semble fraichement abandonné. Notre white
cube est remis en question par les oeuvres de ces artistes qui
deviennent des mal façons à ce cube parfait. Leurs qualités
hybrides entre le ready made et l'art conceptuel font de ces
oeuvres des trouble-fêtes dans l'histoire récente de l'art
contemporain.
Cette exposition a été réalisée dans le cadre de l'opération TILT,
de diffusion des collections du CNAP en région Centre. Sur une
proposition de Camille Le Houezec et Jocelyn Villemont.
ArtisteS : Davide Balula, Robert Barry, Vincent Ganivet, Mario
Garcia Torres, Guillaume Leblon, Mathieu Mercier, Joëlle
Tuerlincks
